Quels dispositifs internes proposer au sein de l’entreprise ?
Le rôle clé de la médecine du travail
La médecine du travail (ou service de santé au travail aujourd’hui appelé "SPSTI") est un acteur central. Sa mission est la prévention des risques professionnels et la préservation de la santé des travailleurs. Elle peut :
- Faire des entretiens individuels en toute confidentialité (secret médical).
- Évaluer le retentissement de la consommation sur le poste et proposer des adaptations si besoin.
- Orienter vers des soins spécialisés en addictologie ou vers un accompagnement psychologique.
- Participer à la rédaction ou l’actualisation du règlement intérieur sur la question des produits psychoactifs, en lien avec l’employeur et les représentants du personnel.
Les acteurs de l’encadrement et de la prévention interne
Mettre en place une politique santé claire, non stigmatisante et communiquée à tous est essentiel. Dans l’entreprise, plusieurs relais peuvent être mobilisés :
- Les responsables RH : accompagner, rassurer et orienter.
- Les managers de proximité et référents de prévention : repérer les signes d’alerte et adopter un dialogue bienveillant (ni diagnostic, ni jugement).
- Les comités sociaux et économiques (CSE) : veiller à la qualité de vie au travail et proposer des actions collectives de sensibilisation.
Parfois, l’entreprise met en place des cellules d’écoute ou des dispositifs d’alerte anonymisés qui permettent de lever le tabou tout en protégeant la personne. En cas de situation complexe, il est également possible, pour l’encadrement, de solliciter l’avis du service de santé au travail sans porter d’accusation, mais en exposant les difficultés d’un salarié.
L’implication de l’ensemble des salariés
Impliquer le collectif de travail est parfois la clé. Les collègues sont souvent les premiers témoins d’une situation de vulnérabilité. Les former – sans en faire des "infirmiers du bureau" – à repérer des signaux faibles (changement de comportement, difficultés relationnelles, problèmes de concentration) permet d’agir à temps :
- Sensibilisation via des ateliers collectifs, animés par des spécialistes extérieurs (associations, centres de soins, etc.).
- Mise à disposition de supports d’information et d’auto-évaluation anonymes.