Les étudiants, un public à risques : Pourquoi parler d’addictions sur les campus ?
Le passage à l’université marque le début d’une nouvelle autonomie pour des milliers de jeunes adultes. À cette étape charnière, de nombreux facteurs de vulnérabilité apparaissent : éloignement familial, stress entre études et finances, recherche d’identité, pression sociale. C’est aussi une période où l’on constate la première consommation ou l’augmentation de l’usage de substances psychoactives, comme l’alcool, le cannabis ou les médicaments détournés.
Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), en 2021, 84% des étudiants de 18 à 25 ans déclaraient avoir déjà consommé de l’alcool et 33% du cannabis au cours de leur vie. 17% rapportaient un usage ponctuellement excessif d’alcool en soirée (= binge drinking) au moins une fois par mois (OFDT, 2021).
Les risques ne se limitent pas à l’alcool et au cannabis. Les amphétamines, les benzodiazépines utilisées sans prescription, le tabac, mais aussi l’addiction aux écrans ou aux jeux peuvent également concerner ce public. L'université concentre une population particulièrement exposée, autant pour les usages festifs (« soirées étudiantes ») que pour ceux liés à la pression académique (« dopage cognitif »).
La prévention des addictions en milieu étudiant est donc un enjeu majeur de santé publique, qui concerne directement les universités : leur responsabilité n’est pas seulement de former, mais aussi de protéger et d’accompagner.