Pourquoi instaurer une clause addictions dans le BTP ?
Un enjeu de sécurité et de santé publique
Dans le BTP, l’alcool, les médicaments détournés ou les drogues ne sont pas des problèmes anecdotiques. D’après Santé Publique France, un accident grave sur six sur chantier aurait un lien direct avec une consommation d’alcool ou de substances (source : SPF, 2022). L’INRS rappelle qu’au travail, les effets des produits psychoactifs se traduisent par : inattention, lenteurs, mauvaise coordination, réduction du champ visuel, voire comportements impulsifs ou dépressifs.
Ces conséquences sont parfois aggravées par la pénibilité des postes (intempéries, isolement, tâches répétitives). Sans règle claire, il devient difficile de prévenir efficacement les risques ou d’agir lors de situations difficiles.
Un cadre légal et règlementaire solide
Le Code du travail (article L4121-1) place la prévention des risques au cœur de la responsabilité de l’employeur. L’article R4228-20 interdit clairement l’introduction et la consommation de boissons alcoolisées, hors vin, bière, cidre et poiré, sur les lieux de travail; néanmoins, il reste possible d’interdire totalement toute boisson alcoolisée si la sécurité l’exige.
Le règlement intérieur doit mentionner l’interdiction ou l’encadrement des substances dangereuses, ainsi que les moyens de contrôle, et préciser les éventuelles sanctions encourues (article L1321-1 du Code du travail). L’Autorité administrative (Inspection du travail) peut le contrôler à tout moment : il doit donc être solide juridiquement, non discriminant, et proportionné.