Les grands domaines d’indicateurs à surveiller
Les indicateurs à privilégier peuvent se regrouper en quatre grands domaines complémentaires, permettant d’obtenir une vision globale de l’intervention :
- 1. Indicateurs de connaissances et de représentations
- 2. Indicateurs d’attitudes et de comportements
- 3. Indicateurs d’implication des équipes éducatives
- 4. Indicateurs de suivi et d'appropriation des messages
1. Indicateurs de connaissances et de représentations
Un premier objectif d’une intervention de prévention est d’apporter des connaissances fiables et de déconstruire les idées reçues. Ainsi, il est pertinent de mesurer :
- Le niveau de connaissance des élèves sur les effets et dangers des substances (alcool, tabac, cannabis, médicaments, jeux vidéo, etc.).
- L’évolution des représentations : stéréotypes (“tout le monde boit au collège”, “le cannabis n’est pas dangereux”), fausses croyances (“on devient accro dès la 1ère cigarette”), référence à la norme du groupe.
- La compréhension des facteurs de vulnérabilité et des mécanismes de l’addiction (pression du groupe, gestion des émotions, rapport au risque).
Cela peut se faire par des questionnaires avant et après l’intervention, des quizz interactifs, ou des activités de restitution orale ou écrite.
2. Indicateurs d’attitudes et de comportements
Après l’intervention, il est crucial d’analyser les changements dans les attitudes et comportements des jeunes, même s’ils sont parfois minimes à court terme. Les indicateurs à surveiller sont :
- L’évolution de l’intention de consommer ou non certaines substances (“Penses-tu boire de l’alcool cette année ?”).
- La perception du risque et l’acceptation ou non de certains comportements (“Fumer est-il dangereux à ton âge ?”, “Que ferais-tu si un ami te propose du cannabis ?”).
- Le recours ou non à des stratégies d’évitement ou d’intelligence collective (oser dire non, demander de l’aide, utiliser des ressources locales).
- L’identification de signaux d’alerte précoces (isolement social, conduites à risques rapportées par les élèves eux-mêmes ou repérées par l’équipe éducative).
Des outils d’auto-évaluation, des ateliers de mise en situation, ou des entretiens de groupe peuvent y contribuer.
3. Implication et mobilisation des équipes éducatives
Une intervention n’est efficace que si elle s’appuie sur une dynamique d’équipe au sein du collège. Plusieurs indicateurs peuvent être suivis :
- Le degré d’implication des enseignants, CPE, infirmières, assistants d’éducation durant l’action (co-animation, présence, relais du message).
- L’intégration des thématiques abordées au sein du parcours éducatif global (conseil de vie collégienne, temps d’échange entre professionnels, synergie avec le projet d’établissement).
- Création ou mise en place d’outils pérennes dans l’établissement : affichages, séances de suivi, groupes ressources.
- Participation aux groupes de travail externes avec des partenaires locaux comme les associations, le Conseil départemental, la Maison des Adolescents de Seine-Maritime, etc.
Ces indicateurs témoignent de la capacité de l’établissement à s’approprier l’intervention et à en prolonger l’effet.
4. Appropriation, suivi et effet prolongé sur le terrain
Mesurer uniquement l’effet à court terme serait réducteur. Plusieurs indicateurs permettent de jauger l’appropriation à moyen terme et l’effet de l’intervention :
- Demandes spontanées d’approfondissement ou d’actions complémentaires de la part des élèves ou des adultes.
- Nombre de jeunes sollicitant des dispositifs d’aide (point écoute, infirmière scolaire, numéro Fil Santé Jeunes, etc.) après l’intervention (source : Fil Santé Jeunes).
- Émergence de projets d’élèves sur la thématique (création d’affiches, vidéos, groupes de parole).
- Stabilité ou diminution des incidents liés à des conduites à risques signalés dans l’établissement, suivi via le registre de vie scolaire.
- Retours d’élèves et de leurs familles sur l’impact de l’intervention (questionnaire à J+1 mois, J+6 mois, entretiens individuels).
L’idée est d’intégrer ces suivis dans le pilotage de l’établissement et dans la relation avec les partenaires locaux.