Les missions de prévention des addictions : un éventail d’actions concrètes
Repérage précoce et rôle d’écoute
L’infirmier scolaire représente souvent le premier interlocuteur de l’élève confronté à une situation de mal-être ou à une conduite à risque. Lors de bilans systématiques (en classe de 6e ou de 2nde, par exemple), de passages spontanés à l’infirmerie ou via des entretiens individualisés sollicités par des enseignants ou des familles, il peut détecter des signaux d’alerte :
- Fatigue inhabituelle, troubles de la concentration, changements d’humeur inexpliqués
- Isolement, repli sur soi ou à l’inverse agitation inhabituelle
- Odeurs suspectes, objets en lien avec les substances psychoactives (papiers à rouler, flacons mystérieux, etc.)
Mais le rôle de l’infirmier ne s’arrête pas au repérage : il s’agit surtout d’instaurer un climat de confiance. Selon un sondage Santé publique France (2021), 68% des élèves estiment pouvoir parler librement à l’infirmier scolaire, signe d’un véritable lien d’écoute.
Information et éducation à la santé
Les infirmiers scolaires participent activement à l’information des jeunes sur les produits, les risques et les stratégies pour réduire les dommages. Cela peut prendre différentes formes :
- Organisation d’ateliers ou d’interventions en classe (seuls ou avec des partenaires spécialisés)
- Création d’affiches, de flyers, de stands d’information lors de forums ou de journées santé
- Participation à des temps forts nationaux comme le « Dry January » ou le « Mois sans tabac »
Ils s’appuient sur des outils validés par Santé Publique France (Kits « Tabado », programmes « Unplugged », supports de la MILDECA) pour adapter le message au public concerné.
Accompagnement individuel et collectif
Lorsqu’un usage à risque est repéré, l’infirmier scolaire accompagne le jeune dans ses questionnements, sans jugement, et propose un suivi personnalisé. Les points clés sont :
- L’écoute active et la valorisation des compétences de l’élève à trouver ses propres solutions
- La guidance vers les dispositifs d’aide (consultations jeunes consommateurs, médecins scolaires, psychologues, éducateurs spécialisés…)
- Le travail avec la famille, dans la discrétion et le respect du secret professionnel partagé
Il peut aussi proposer l’organisation de groupes de parole ou d’ateliers de soutien, avec des psychologues scolaires ou des associations partenaires.