Les leviers de la prévention efficace en contexte de polyaddiction
Face à la complexité de la polyaddiction, plusieurs axes de prévention se dessinent. Ils s’appuient sur les recommandations de la MILDECA, de Santé Publique France et des sociétés savantes (Société Française d’Alcoologie, Fédération Addiction).
1. Penser la prévention « combinée »
Les approches intégrées (combinaison de plusieurs thématiques : santé mentale, vie affective, usage de substances) sont plus efficaces que les programmes « mono-produit ». Elles peuvent prendre la forme de séances d’éducation à la santé en milieu scolaire, de groupes de parole, ou d’ateliers associant professionnels du secteur social et sanitaire.
- Exemple normand : Le dispositif « Unplugged », testé dans plusieurs collèges, inclut des séances sur les facteurs de protection face à tous types d’addictions (et pas uniquement sur une drogue précise).
2. Détecter précocement les situations à risques
L’outil « DEPI-ADOS » (diagnostic précoce des situations à risque chez l’adolescent) est utilisé dans certains collèges et maisons des adolescents de Normandie. Il vise la détection des consommations multiples, en repérant aussi les comorbidités psychiques. Selon l’INSERM, une intervention précoce permet de réduire de 30 à 40 % le passage à une polyconsommation régulière.
3. Travailler les compétences psychosociales
La prévention en polyaddiction ne peut se réduire à la seule transmission d’informations sur les risques : il est crucial d’aider chacun à développer ses compétences psychosociales (gestion du stress, affirmation de soi, capacité à refuser, créativité, esprit critique...), considérées comme des facteurs majeurs de protection (cf. rapport OMS, 2017).
4. Prendre en compte l’environnement et la vulnérabilité sociale
- Soutenir les familles, notamment celles confrontées à la précarité ou à des problématiques de santé mentale.
- Favoriser l’insertion sociale, scolaire et professionnelle des jeunes à risque.
- Former les professionnels du social à un repérage sans stigmatisation, permettant d’orienter rapidement vers des dispositifs adaptés.
Les dispositifs PASS SANTÉ JEUNES ou Points Accueil Écoute Jeunes (PAEJ) jouent, en Normandie, un rôle clé : plus de 4 700 jeunes orientés en 2023, dont une part importante présentant des conduites polyaddictives ou des situations de vulnérabilité croisée.